• Accueil
  • Interview de Gérard Chrétien, directeur général de Focal

Interview de Gérard Chrétien, directeur général de Focal

Gérard Chrétien, Directeur général de FocalGérard Chrétien
Directeur général de Focal

Ingénieur électronicien de formation, Gérard Chrétien est passionné de haute-fidélité depuis son plus jeune âge. Rédacteur en chef de la revue l'Audiophile dès son lancement en 1977, il rencontre Jacques Mahul en 1978 qu'il engage comme pigiste pour la rubrique haut-parleurs du magazine ! Il suit donc de près la naissance des premières enceintes JMLab et l'évolution de l'entreprise FOCAL avant de la rejoindre dès 1990 à la demande de Jacques Mahul. Il participe alors activement au développement « industriel » de l'entreprise qui devient rapidement numéro un sur le marché français. La conquête du marché international est envisagée dès 1995 via une ligne de produits très haut de gamme initiée par la grande UTOPIA. La récente fusion avec NAIM permet à FOCAL, devenu FOCAL & Co, d'envisager l'avenir sereinement en mutualisant les départements R&D des deux entreprises.

Quel est votre premier souvenir musical ?
Je me souviens particulièrement d'un choc ressenti à l'écoute de la Musique pour Cordes, Percussions et Celesta de Bela Bartok, dirigé par Georg Solti, une œuvre absolument incroyable.

Quel a été votre premier appareil audio et quel souvenir en gardez vous ?
Adolescent, je bricolais des électrophones à tubes et je réalisais moi-même mes enceintes acoustiques. Mon premier amplificateur acheté dans le commerce fut un Marantz 1060 et j'en fut extrêmement déçu. Mon électrophone à tubes bricolé dans le garage délivrait un son infiniment plus riche !

De quelle réalisation êtes vous le plus fier chez Focal ?
La relocalisation en France de la fabrication des haut-parleurs qui nous a permis de créer un outil industriel performant, clé de notre capacité d'innovation et de création. Concernant les produits, je suis aussi fier de la Grande Utopia V3, qui représente la marque Focal dans le monde entier par sa forte identité, que du pack d'enceintes multimédia XS 2.1 qui possède de réelles qualités audio malgré sa compacité.

Quelle est selon vous la définition de l'enceinte idéale ?
Elle doit nous faire entrer véritablement dans la musique, avoir des qualités esthétiques et ne pas être critique quant à son environnement, quelles que soient les qualités acoustiques de la pièce où elle se trouve.

La musique dématérialisée est-elle compatible avec l'esprit de la haute fidélité ?
Grâce à la haute définition, oui. On retrouve la richesse et l'émotion du son analogique que nous avions perdu à cause des limitations de l'échantillonnage 16 bits/44,1kHz du CD audio.

La haute définition a-t-elle une incidence sur la conception des enceintes Focal ?
En HD, on n'est pas limité comme avec le vinyle en termes d'énergie et de contrôle du grave et on retrouve le fruité et la richesse harmonique de l'analogique dans les hautes fréquences, perdues avec le CD. Les signaux HD sont extrêmement précis et nuancés, dans le grave comme dans les aigus, et l'essentiel du tuning d'une enceinte s'opère sur le registre médium, pour parfaire l'équilibre d'un bout à l'autre du spectre sonore, avec des variations inférieures à 0,5 dB pour obtenir une balance tonale équilibrée.

Focal propose depuis peu les enceintes sans fil EasyA. La haute-fidélité sans fil est-elle un marché d'avenir ?
Ce qui a profondément changé ces dernières années, c'est la révolution des usages liés à la dématérialisation. On veut pouvoir écouter sans fil la musique stockée sur des appareils nomades avec une qualité audio proche de la haute fidélité, profiter d'une belle spatialisation et de toute la dynamique de l'œuvre musicale. C'est pourquoi nous avons conçu EasyA.

D'où vient l'idée d'intégrer le lin dans la membrane des haut-parleurs inaugurés sur la gamme d'enceintes Aria ?
Ce sont les récents progrès réalisés sur les matériaux hybrides qui nous y ont conduit. Une membrane doit avoir trois qualités essentielles : faible masse, haute rigidité et bon amortissement. La fibre de lin possède ces propriétés et se montre en cela assez proche de la fibre de carbone.

Comptez vous développer d'autres gammes de casques audio après la gamme Spirit ?
Spirit nous a permis de démarrer humblement nos recherches et d'acquérir un savoir-faire que nous n'avions pas dans l'univers du casque audio. Nous comptons bien apporter des innovations majeures dans le domaine des transducteurs, comme nous l'avons fait dans le domaine des enceintes avec Utopia. De beaux projets sont à venir...

Que peut attendre l'amateur d'enceintes Focal de la récente fusion de Focal avec NAIM ?
Les deux marques, Focal et Naim, ont vocation à exister séparément mais cette fusion permet de mettre en commun nos centres de R&D et d'envisager d'ambitieux projets pour pousser encore plus loin les limites de la reproduction sonore, dans l'électronique comme dans l'acoustique.

Comment voyez vous l'avenir des produits haute-fidélité en général et de Focal en particulier ?
Trois axes se dessinent dans le développement de l'entreprise, liés à trois segments de ce marché. Le développement des produits connectés tout-en-un avec de véritables qualités acoustiques, comme EasyA. Le retour de l'enceinte acoustique traditionnelle, avec la gamme Aria qui répond à une reprise de ce marché amorcée depuis trois ans. Enfin, le très haut de gamme, un marché très exigent sur lequel Focal est bien placé pour se déployer avec Utopia.

Quel équipement audio/vidéo possédez vous ?
Mon premier système est composé d'enceintes Scala V2 avec plusieurs électroniques : un ampli Audio Research, un ampli à tubes Lectron JH30 que j'affectionne particulièrement, un ampli Micromega AS-400 et quelques petits amplis en classe A que j'aime ré-écouter.
Mon second système est composé d'enceintes Electra alimentées par des électroniques Naim.
Quant à ma salle home-cinéma, réalisée en 1996, je dois avouer que je l'utilise très peu aujourd'hui car je vais essentiellement voir les films en salle.