Choisir un ampli-DAC

Les amplis HiFi avec DAC USB intégré se démocratisent. Les amplificateurs stéréo ne se cantonnent plus au son analogique et intègrent désormais un convertisseur numérique-analogique (DAC) voire adoptent une architecture entièrement numérique pour certains. Les amplis-DAC USB permettent de connecter directement l'ordinateur PC ou Mac via un port USB. Certains offrent aussi des entrées numériques SPDIF de type coaxial et/ou optique, pratiques pour connecter un téléviseur, une box Internet ou un lecteur Blu-ray.

Les amplificateurs Hi-Fi stéréo équipés de DAC USB présentent donc l'avantage de pouvoir être connectés à un ordinateur (PC ou Mac) afin de fonctionner comme des cartes son externes. En pratique, tout flux audio lu par l'ordinateur est transmis au DAC USB de l'amplificateur, qui en réalise la conversion analogique. Le signal est ensuite amplifié vers les enceintes. Ces amplificateurs sont souvent également équipés d'entrées numériques S/PDIF.

Pioneer A-70

L'intérêt d'une solution tout-en-un, plutôt que l'association d'un DAC externe et d'un amplificateur intégré repose sur plusieurs points. Tout d'abord aucun câblage entre le DAC et la section de préamplification n'est requis, les deux partageant un même circuit imprimé avec des chemins courts. Le signal est préservé au maximum et l'achat de câbles de modulation n'est pas nécessaire. Ensuite, le DAC USB intégré a été choisi en fonction des caractéristiques techniques de l'amplificateur intégré, elles-mêmes souvent optimisées pour tirer toute la quintessence du DAC USB. Autre bénéfice : un gain de place - même si les DAC externes sont souvent compacts - et une installation tout à fait discrète.

L'intérêt d'une solution séparée est principalement de pouvoir modeler l'esthétique sonore de son installation, en choisissant le DAC Audio USB ou les câbles de modulation de son choix. L'évolution de l'installation est en outre facilitée.

Port USB synchrone et asynchrone

La plupart du temps, les fabricants sont peu disserts sur les caractéristiques exactes du DAC USB embarqué et il faut lire entre les lignes pour comprendre si on a affaire à un DAC USB de conception récente ou d'ancienne génération. Ainsi, un DAC USB seulement capable de décoder les flux codés au maximum sur 16 bits et 48 kHz est-il un modèle ancien, dépassé en terme de performances. Attention : ce n'est pas tant la résolution supportée que le fonctionnement du bus USB qui est importante. En effet, un flux audio de qualité CD (16 bits / 44,1-48 kHz) est suffisant à produire un son de très grande qualité.

Un DAC USB d'ancienne génération (16/48 max.) fonctionne de façon synchrone, tel que le prévoyait la norme USB 1.0. Autrement dit, c'est l'ordinateur qui détermine la cadence de streaming des données audio numériques. Ainsi, moins le contrôleur USB de l'ordinateur sera performant et plus le risque que les paquets de données arrivent de manière anarchique sera grand (jitter), la conséquence étant une restitution biaisées des hautes fréquences. Résultat, le son semblera métallique et agressif.

D'autres DAC USB d'ancienne génération fonctionnent en mode adaptif, une version améliorée de mode synchrone qui permet une compatibilité avec des flux audio de résolution supérieure : 16 bits / 96 kHz, voire 24 bits / 96 kHz, avec une légère réduction du jitter. Dans l'absolu, ce n'est pas la panacée.

Les DAC USB de nouvelle génération embarquent une horloge maîtresse de précision, afin de déterminer eux-même la cadence de transmission des données : c'est le mode asynchrone. Le jitter est alors très réduit.

Pourquoi certains DAC USB asynchrones sont limités à 24 bits et 96 kHz ?

Il est vrai que tous les DAC USB asynchrones ne proposent pas le décodage des flux de qualité studio codés sur 24 bits et 192 kHz. A cela plusieurs raisons : tout d'abord un DAC USB 24/96 est Plug and Play avec Windows, Mac OS et Linux. Aucun pilote n'est requis. Ce n'est pas le cas d'un DAC USB 24/192 (voire 24/384) qui nécessite un pilote spécifique pour Windows. Cela implique un développement logiciel pour le fabricant... dont ce n'est pas toujours le métier. Ensuite, certaines marques font le choix d'intégrer un DAC USB 24/96 afin d'éviter à l'utilisateur tout paramétrage de son ordinateur.

 

Le cas particulier des "amplis numériques"

Certains amplificateurs intégrés équipés d'une entrée audio numérique USB sont dépourvus de DAC. Autrement dit, aucune conversion du signal n'est opérée lors de la préamplification. Ces amplificateurs, à l'image du NuForce DDA-100 (voir le test) ou des NAD D3020 et NAD D7050 modulent le signal numérique en puissance (modulations PWM) avant de le filtrer directement au niveau des borniers de sortie, afin de retrouver un signal analogique. Ces amplificateurs intégrés tout numériques offrent une transparence d'écoute épatante et une grande douceur d'écoute. On retrouve ce type de technologie dans les amplificateurs intégrés réseau Denon Ceol RCD-N9 et Marantz Melody M-CR510 / M-CR610. Notez que lorsque ces amplificateurs sont équipés d'entrées analogiques, celles-ci sont couplées à un convertisseur analogique-numérique. Le port USB de ces amplificateurs fonctionne la plupart du temps de façon asynchrone.

NAD D7050

L'importance du logiciel de lecture

Bien que le DAC USB d'un amplificateur se comporte comme une carte son Plug and Play, les conditions de lecture ne seront optimales qu'à plusieurs conditions. Tout d'abord, il est nécessaire d'installer un logiciel capable d'effectuer une transmission dite bitperfect, ce qui implique de contourner le mixeur audio de Windows ou Mac OS. A défaut, tout flux audio (fichier MP3 ou FLAC, radio web, site web Youtube, Deezer, Spotify, Qobuz, etc.) sera suréchantillonné vers la résolution par défaut du système d'exploitation. Or le suréchantillonnage est un art dans lequel ni Windows ni Mac OS n'excellent. Il faut donc l'éviter. Pour ce faire, plusieurs logiciels existent et nous vous invitons à consulter notre guide sur le bon branchement des DAC USB.

La qualité du câble USB est importante

Il est important de ne pas confondre la transmission de données numériques entre un ordinateur et un disque dur USB avec le streaming de données audio. La copie d'un fichier (zip, pdf, mp3, etc.) est contrôlée en permanence par l'ordinateur et le disque cible, ainsi la moindre erreur donne lieu à un nouvel envoi du paquet de données erroné. En lecture audio, ce n'est évidemment pas possible puisque les données sont décodées et converties en signaux audibles en temps réel (principe du streaming). Il faut savoir qu'une erreur de transmission n'est pas nécessairement caractérisée par un "clic", mais que l'absence de quelques octets trouble l'intelligibilité du message sonore : hautes-fréquences moins fluides, fréquences harmoniques perturbées au détriment de la transparence d'écoute. Aussi, un câble USB de qualité est nécessaire, afin de réduire les erreurs potentielles.