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Qui a dit que le disque vinyle était mort ? Les passionnés et la plupart des audiophiles ne l’ont jamais vraiment abandonné. C’est bien sur la discothèque qui donne une seconde jeunesse à ce support, mais les amateurs de galettes noires sont de plus en plus nombreux à ressortir leur platine pour redécouvrir l'émotion, la richesse du son analogique

Le disque vinyle connais depuis quelques années un regain d'intérêt remarquable. Est-ce dû à l'arrivée du SACD ? En avouant que le CD avait des limitations audibles, les industriels ont implicitement cautionné les discours audiophiles qui défendaient la qualité des disques vinyles.
Inventé en 1877 par Thomas Edison, l'enregistrement phonographique, c'est à dire avec une gravure mécanique, s'est sans cesse amélioré depuis. Les premiers disques arrivent en 1906 pour tenter de supplanter les cylindres. Les premiers 78 t apparaissent en 1915 et ce n'est qu'en 1948 que la Colombia et RCA inventent le microsillon au format 33 1/3 t offrant une durée d'écoute bien plus longue. Les 78 t seront produits jusqu'en 1955, date de l'apparition des premiers 45 t.

Choisir sa platine en fonction de son utilisation
Ecoute audiophile, discothèque, chaque type d'utilisation impose ses caractéristiques techniques spécifiques. Il existe de nombreuses solutions pour optimiser la lecture d'un disque vinyle. La plupart sont coûteuses et encombrantes. Les industriels ont mis au point des techniques complexes pour proposer des solutions raisonnables tout en restant efficaces.
Une sélection de platines économiques adaptées aux mini-chaînes et pour ceux qui souhaitent simplement recopier quelques disques sur CD.
Ces modèles possèdent le préampli RIAA intégré pour être connectée sur un amplificateur n'en contenant pas (home-cinéma par exemple), voire directement sur une carte de son de PC.
Une sélection de platines pour professionnels et DJ. Ces modèles sont conçus pour un démarrage rapide, l'ajustement de la vitesse par variateur et le placement à la main (prendre une cellule supportant la marche arrière). Par rapport aux platines hi-fi de base, les platines audiophiles sont souvent beaucoup plus dépouillées: pas d'automatisme, pas de gadget. Toute la technologie a été investie pour offrir une restitution hyper-sensible des disques. C'est aujourd'hui le cœur de notre offre car le vinyle est devenu avec le CD une affaire de passionnés.

Transférer des disques vinyles sur CD
Si l'écoute d'un disque vynile offre une écoute souvent plus intéressante par la sonorité analogique (cf l'article "pourquoi le vinyle sonne-t-il si bien ?"), il peut être plus pratique de transférer sa collection de disques sur CD pour l'écouter plus facilement. Vous pouvez utiliser pour cela le préamplificateur convertisseur Terratec Phono USB qui est conçu pour cela.
Il est présenté dans la section préamplis.

Avant de détailler les technologies mises en œuvre pour lire les disques, il est important de comprendre le fonctionnement de l'enregistrement phonographique.

Pour produire un disque, l'enregistrement est tout d'abord masterisé. Cette finalisation consiste à ajuster tous les paramètres de l'enregistrement pour que celui-ci soit compatible avec le support de diffusion. Cela existe aussi pour le CD mais avec d'autres contraintes. Pour le vinyle, il faut limiter la dynamique, notament dans les graves pour conserver une taille de sillon compatible. Le responsable de cette opération décide de la manière de traiter la bande-son pour conserver les aspects artistiques (en relevant délicatement certains passages par exemple).
Tous les disques ne sont pas identiques. Entre les modèles standards des années 70 à 80 et les modèles audiophiles (disponibles mais rares depuis les années 70) en vinyle 180 ou 190g... il y a un monde: les modèles haut de gamme acceptent une dynamique bien plus importante.
Les disques standards sont pressés en 125g. Il existe des pressages spéciaux de haute qualité en 160, 180 et même 190g.
La gravure nécessite une égalisation pour accentuer les aigus et réduire les graves suivant une courbe normalisée par la RIAA. Une courbe inverse est appliquée dans le préampli en sortie de cellule. Ce traitement permet d'améliorer considérablement le rapport signal / bruit des disques.
Le support (appelé flan) est un disque en aluminium recouvert d'une laque de nitrocellulose. La gravure se fait par un burin placé sur un bras tangentiel. La vitesse d'avance du bras est réglable pour permettre une durée plus ou moins longue. Plus la durée est longue et plus les sillons sont serrés et donc, moins il y a de capacité dynamique. On peut aussi augmenter la dynamique en utilisant une vitesse plus grande, 45tr/min, sur un 30cm ou en employant un système de compression de dynamique (dBX). Cette dernière solution nécessite un décodeur (expanseur) ce qui en limite la diffusion. On tirera de ces flans un moule métallique, la matrice de pressage, réalisée par galvanoplastie.
Le disque sera ensuite pressé à chaud (160°) avec une pâte de PVC/acétate de vinyle. La couleur noire est donnée par un colorant. Certains disques ont été pressés en couleur pour des éditions collector. Un moyen comme un autre de se faire remarquer. Cela ne change rien au son... Passons sur l'étiquette et la pochette.

Les disques en "gravure directe", très en vogue auprès des audiophiles dans les années 70 et 80, sont des vinyles haute qualité n'ayant pas utilisé de magnétophone. Cela se traduit par une dynamique plus franche. Leur coût très élevé était dû à cette technique d'enregistrement: chaque face devait être enregistrée d'une traite, sans erreur artistique ou technique. L'ajustement du pas de la machine à graver, les réglages de niveaux, les corrections et les compresseurs, devant être ajustés par rapport à la partition et non au niveau mesuré sur la bande.

Les disques microsillons ont été fabriqués avec 2 vitesses normalisées: 33 1/3 et 45 tr/min. Toutes les platines proposent ces 2 vitesses.
Les disques plus anciens, c'est-à-dire avant les microsillons sont le plus souvent en 78tr/min. Cependant, les débuts de l'industrie phonographique ont connu des tatonnements traduits par des vitesses très variées (40, 60, 78 tr/min). Si vous êtes collectionneur de ce type de support, il devient vite utile d'avoir un contrôleur de vitesse permettant de s'adapter aux supports (nous contacter).

Caractéristiques des disques 33 tours/min 78 tours/min
Largeur des sillons 25..100 µm 100..125 µm
Pas entre sillons 85..140 µm 250..300 µm
Bande passante 30 Hz - 15 kHz 100 Hz - 10 kHz
Rapport signal/bruit env. 60 dB env. 35 dB

La platine vinyle
Une platine vinyle est composée des éléments suivant
- Le plateau tournant
- Le moteur et son alimentation
- Le bras
- La cellule
- Le socle
- Les accessoires

Le plateau tournant supporte et entraîne le disque. Il est étroitement associé au système d'entraînement (moteur). L'objectif commun à toutes les platines est d'offrir un entraînement très régulier et silencieux. La cellule se comporte comme un microphone qui "écoute" les gravures du sillon. La moindre vibration est donc directement amplifiée et audible. Deux stratégies s'opposent au niveau de la conception:

L'entraînement par courroie avec un plateau "lourd" permet une régulation simple de la vitesse par l'inertie même du plateau. Les modèles d'entrée de gamme (cf. platines économiques) utilisent une courroie a forte adhérence car le plateau trop léger n'a pas assez d'inertie. Les modèles audiophiles utilisent un plateau beaucoup plus lourd. La masse est généralement reportée sur la périphérie pour augmenter le moment d'inertie. Cela nécessite une conception rigoureuse pour éviter les résonances de type "cloche". La courroie est alors généralement plus souple (élastique) pour absorber les vibrations du moteur. Cette démarche est très performante et peu coûteuse à fabriquer. Cela permet de proposer des performances très élevées tant au niveau de la stabilité de vitesse que du bruit résiduel. On améliore ces performances en augmentant la masse du plateau. A l'extrême, certains modèles ésotériques, comme la Verdier ou la Micro Seiki, utilisent des plateaux atteignant plus de 20 kg et entraînées par un fil. Dans ce cas la vitesse de rotation est atteinte très lentement.
La solution de l'entraînement par courroie se caractérise par une mise en vitesse assez lente, ce qui peut poser problème pour certaines applications: radio ou discothèque.
Le moteur d'entraînement, dans le cas des platines à courroie, est généralement un modèle synchrone basse tension (16V) tournant assez vite. Cela permet d'avoir un fonctionnement réellement silencieux. La courroie est le plus souvent placée sous le plateau principal entre le pignon du moteur et un plateau interne de diamètre intermédiaire (généralement de l'ordre de 15cm). On pose le plateau récepteur dessus.
Le couvre-plateau est un élément très important. Il assure le contact avec le disque. Il peut être en matériaux absorbants (caoutchouc), en feutre ou tout simplement absent dans le cas de plateau de haute-précision (en métal rectifié ou en verre). Les platines à démarrage rapide utilisent un plateau en caoutchouc anti-dérapant.

L'alternative à la courroie est l'entraînement direct. Mis au point à l'origine par Denon et Technics, l'entraînement direct utilise un moteur très spécial placé dans l'axe du plateau. Dérivé des moteurs pas à pas utilisés par l'industrie, ces moteurs nécessitent un pilotage électronique complexe. Leur couple très important permet un démarrage quasi-instantané. Ces moteurs permettent une variation de vitesse très précise. Cet ajustement est très utile aux professionnels qui l'emploient pour ajuster 2 rythmes ou l'accord quand celui-ci n'est pas identique entre 2 enregistrements.
Ces platines possèdent un commande externe (auto-start) permettant de déclencher le départ par le potentiomètre de volume de la mixage (DJ ou radio). Contrairement à une idée reçue, les très bonnes platines professionnelles (Technics SL1200MK2, Denon DP900,...) offrent des performances largement au niveau voire supérieures aux platines audiophiles à entraînement par courroie de prix équivalent.

Il existait des entraînements par gallet sur des modèles anciens. Cette technologie est intermédiaire entre l'entraînement direct et la courroie. L'axe du moteur est prolongé par un pignon entouré d'une bague en caoutchouc rectifié ou en nylon. Cette bague appuie directement sur le bord interne du plateau. Cette méthode offre des démarrages plus rapides que les courroies... au prix d'un bruit de fonctionnement assez (trop) important. Elle a été abandonnée sur les produits actuels.

Le bras
Il existe plusieurs types de bras, chacun ayant ses avantages et ses inconvénients. Les principaux sont: le bras droit, le bras en S et le bras tangentiel.
Le rôle du bras est de placer la cellule sur le sillon dans les meilleures conditions, c'est à dire suivant un axe le plus proche possible de la tangente au sillon et avec la force d'appui adapté à la cellule. La forme du bras, droit ou en S n'a pas d'incidence sur l'orientation de la cellule. Seule la longueur du bras est déterminante sur la précision. Par contre cette forme a une incidence sur la rigidité et le comportement mécanique du bras.
Les bras droits sont les plus courants en usage audiophile. Réalisés dans des matériaux inertes, ils doivent être très rigides. C'est pourquoi les Pro-ject emploient des bras faits d'une seule pièce. Les bras en S et coudés sont surtout utilisés sur les platines professionnelles. Ces bras sont le plus souvent d'une longueur de 9". Il existe aussi des modèles de 12". Plus longs, ils offrent une erreur de piste plus faible mais nécessitent une construction plus complexe car ils sont plus sensibles aux résonnances.
Les bras tangentiels sont assez complexes et coûteux. On ne les trouve plus que sur certaines platines ésotériques. Pour plus de précision, regardez la fiche sur les réglages.

La cellule doit être adaptée au bras et à la platine. Notre page sur les cellules vous donnera plus de détails.

Le socle a pour mission de supporter le plateau, le moteur et le bras. Il a aussi la tâche de réduire les perturbations externes en provenance du sol. Les sources de perturbation perceptibles par la cellule sont multiples : par le sol, par le moteur, par l'air. L'idéal serait d'avoir un socle très lourd et le plus compact possible pour ne pas offrir de prise aux vibrations aériennes (en provenance des enceintes). Cela se traduit par le choix de matériaux très denses et inertes. L'emploi de sandwich de matériaux de densités différentes permet de réduire encore certains modes vibratoires.

Les accessoires peuvent améliorer le confort et les performances de votre platine.

Le stroboscope, gravé sur ou sous le plateau, permet d'ajuster la vitesse avec précision. Il utilise des points dont l'espacement est conçu pour que les points apparaîssent fixes quand la vitesse est correcte avec un éclairage à 50Hz (pris sur le secteur 220V ou sur un oscillateur à quartz).

Le capot de protection est indispensable pour protéger la platine des poussières, principal ennemi des disques. Si le capot peut éviter des accrochages a fort niveau, il reste préférable de lire les disque capot ouvert car la résonnance de l'air dans le capot peut perturber plus encore le signal que la protection apportée. Les capots sont en effet trop légers pour ne pas devenir un capteur de résonnances. C'est pourquoi toutes les platines permettent de le dégonder pour le retirer. Son influence reste imperceptible dans le cadre d'une écoute à bas niveau.

Le pallet presseur est un accessoire très apprécié des audiophiles exigeants. Il permet d'annuler les résonnances qui peuvent se former entre le disque et le couvre-plateau. Ci-contre le Stabilizer de Thorens.
L'éclairage de la cellule est courant sur les platines professionnelles. Cela permet un repérage visuel du début de chaque plage. Indispensable en radio ou discothèque.

Le variateur de vitesse est utile surtout en discothèque. Il doit avoir un point central marqué pour retrouver facilement la position standard. La nouvelle version de la Technics dispose d'un bouton de reset instantanné de la vitesse. Il peut intéresser aussi les collectionneurs de disques anciens qui n'étaient pas tous en 78tr/min.