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Comment relier votre ordinateur à votre chaîne hi-fi ?

Comment relier votre ordinateur à votre chaîne hi-fi ?

Bibliothèques musicales dématérialisées, fichiers audio haute résolution, services de streaming en qualité HD ou encore logiciels de lecture toujours plus sophistiqués : tout concourt aujourd’hui à faire de l’ordinateur une véritable source hi-fi. Mais comment relier son ordinateur à la chaîne hi-fi de la meilleure manière possible ? USB, optique ou encore diffusion sans fil, chaque solution présente ses avantages, ses contraintes et ses usages spécifiques, notamment pour la lecture des fichiers Hi-Res ou la gestion de la latence. L’objectif de ce guide est de passer en revue l’ensemble des liaisons possibles afin de choisir celle qui correspond le mieux à votre équipement et à vos exigences d’écoute.

La solution la plus simple : la sortie casque de l’ordinateur

La méthode la plus directe consiste à utiliser la sortie casque de l’ordinateur, généralement au format mini-jack 3,5 mm. À l’aide d’un câble mini-jack vers RCA, on peut alors envoyer le signal vers une entrée analogique de l’amplificateur. Cette solution a l’avantage d’être universelle, car presque tous les ordinateurs en sont équipés, et presque tous les amplis hi-fi disposent d’une entrée ligne compatible. Dans la pratique, cette liaison permet d’obtenir un résultat fonctionnel, mais rarement enthousiasmant. La qualité sonore dépend entièrement du DAC intégré à l’ordinateur, souvent sensible aux interférences électriques internes, au bruit numérique et à une alimentation peu soignée. Cette solution reste néanmoins acceptable pour une écoute occasionnelle.

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Câble pour relier ordinateur à la châine hi-fi
Un câble mini-jack vers RCA forme une solution simple et rapide pour relier un PC ou un MAC à un ampli hi-fi ou une paire d’enceintes actives. 

Passer au numérique pour améliorer la conversion

Par nature, l’ordinateur stocke, traite et manipule les flux audio sous forme exclusivement numérique. Il embarque donc un convertisseur numérique-analogique (DAC) chargé de transformer ces données en signal analogique exploitable par la sortie casque et in fine par les enceintes. Cependant, le DAC intégré des ordinateurs est généralement conçu pour un usage standard, avec des contraintes de coût, de place et de consommation, plutôt que de qualité sonore absolue. Si cette conversion interne peut s’avérer suffisante pour une écoute occasionnelle au casque ou sur de petites enceintes multimédia, elle montre rapidement ses limites dès qu’on l’intègre dans une chaîne hi-fi dédiée : dynamique restreinte, bruit de fond perceptible, définition perfectible ou scène sonore étriquée.

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C’est précisément pour contourner ces limitations que certaines sorties numériques sont proposées sur les ordinateurs. La majorité des ordinateurs portables sont ainsi équipés d’une sortie casque mini-jack qui, au-delà de sa fonction analogique classique, peut également être configurée en sortie numérique optique au format S/PDIFk. Cette polyvalence permet déjà d’envisager une liaison entièrement numérique avec un DAC ou un amplificateur compatible. Les ordinateurs de bureau format “tour” vont parfois encore plus loin, avec une connectique plus étendue intégrée à la carte mère ou à une carte son dédiée, proposant notamment des sorties numériques coaxiales. En transmettant le flux audio sous forme numérique à un DAC externe, l’ordinateur se contente alors de jouer le rôle de source et de transport, laissant la conversion à une électronique spécifiquement conçue pour cet usage. 

Sortie optique ordinateur
La sortie casque des ordinateurs portables et de bureau fait aussi office de sortie numérique S/PDIF. Elle permet ainsi de transmettre un signal numérique optique afin de confier la conversion à un DAC externe ou à un ampli-DAC dédié, généralement plus performant et plus musical que la conversion intégrée de l’ordinateur.

Dans le meilleur des cas, une liaison numérique optique ou coaxiale autorise une lecture jusqu’à 24 bits / 192 kHz, ce qui permet d’exploiter pleinement la quasi-totalité des formats audio haute résolution ainsi que les principaux services de streaming en qualité Lossless, tels qu’Apple Music, Tidal ou Qobuz. Cette compatibilité couvre ainsi l’essentiel des usages actuels et garantit une restitution de haut niveau avec une grande majorité des DAC et amplificateurs hi-fi du marché. En revanche, les mélomanes disposant d’une bibliothèque musicale plus exigeante, intégrant des fichiers DSD ou des flux PCM en 32 bits, atteindront rapidement les limites du standard S/PDIF.

La connexion USB, l’ultime liaison hi-fi

Avec la généralisation des DAC USB et des amplis-DAC, la connexion USB s’est imposée comme la solution privilégiée pour tirer pleinement parti d’un ordinateur en hi-fi. En reliant directement l’ordinateur à un DAC externe ou ampli-DAC par USB, ce dernier prend totalement en charge la conversion numérique-analogique, ainsi que la synchronisation des données, court-circuitant entièrement la carte son interne.

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Cette approche ouvre l’accès aux formats audio les plus avancés, comme le DSD, et autorise des résolutions très élevées, pouvant atteindre 32 bits / 768 kHz avec les DAC les plus récents. Ces derniers fonctionnent généralement en mode asynchrone : la conversion s’appuie alors sur l’horloge interne du DAC ou de l’ampli, et non sur celle de l’ordinateur, afin d’assurer une synchronisation des données plus stable. Cette architecture permet de réduire sensiblement le jitter, source de distorsions temporelles et de la froideur du son numérique. À condition d’opter pour un DAC correctement conçu et disposant d’une bonne alimentation, le gain à l’écoute se révèle généralement immédiat. L’image stéréophonique gagne en ampleur et en précision, les micro-détails deviennent plus lisibles, le grave apparaît mieux articulé et les timbres s’expriment avec davantage de naturel et de fluidité.

DAC USB avec ampli casque
En reliant l’ordinateur à un DAC externe en USB, la conversion numérique-analogique est entièrement confiée à une électronique dédiée. En complément, de nombreux DAC USB intègrent leur propre ampli casque pour une écoute de haute qualité avec un casque ou des écouteurs.  

Il existe aujourd'hui une multitude de DAC USB pour améliorer le son de l'ordinateur. Pour un usage nomade, les modèles portables au format clé USB ou mini-dongle constituent une solution particulièrement séduisante. Compacts et légers, ils se glissent facilement dans une poche ou dans la sacoche de l’ordinateur. Ils se connectent indifféremment en USB-A ou USB-C, sans configuration complexe pour les intégrer naturellement dans un usage quotidien, au bureau comme en déplacement. Ces DAC compacts embarquent une sortie casque permettant d’alimenter directement un casque ou des écouteurs filaires. Ils peuvent également être reliés à une chaîne hi-fi via un simple câble mini-jack vers RCA. 

DAC Audio USB
Les DAC portables forment une solution compacte et plug-and-play pour améliorer le son d’un ordinateur en assurant la conversion des flux audio. Ils peuvent s’associer directement à un casque, des écouteurs ou se relier à un ampli hi-fi à l’aide d’un câble mini-jack vers RCA. 

Pour un usage strictement sédentaire, associé à une installation hi-fi dédiée, il est toutefois pertinent de s’orienter vers un DAC USB plus complet. Installé à demeure, ce type de convertisseur présente l’avantage d'intégrer sa propre alimentation électrique, évitant ainsi  l'alimentation USB de moindre qualité de l’ordinateur qui peut être perturbée par les multiples composants et périphériques reliés. Ces DAC profitent également de sorties analogiques dédiées, au format RCA asymétrique ou XLR symétrique. Ces connexions permettent une intégration optimale avec un amplificateur hi-fi ou un préamplificateur. Enfin, pour une installation épurée, il est possible d’opter pour un ampli-DAC intégrant directement l'entrée USB. 

Ampli hi-fi stéréo avec entrée USB
De nombreux amplificateurs hi-fi modernes intégrant un DAC disposent désormais d’une entrée USB-B ou USB-C dédiée, permettant la connexion directe d’un ordinateur et l’exploitation optimale des flux audio numériques Hi-Res.

La diffusion Bluetooth : sans fil mais avec compromis musical

Sur le plan qualitatif, le Bluetooth a longtemps été perçu comme une solution de confort plutôt qu’un véritable outil hi-fi. Les modules intégrés aux ordinateurs reposent encore fréquemment sur des codecs basiques, avec une compression importante du signal audio. Cette limitation tend toutefois à s’atténuer au fil des générations, avec notamment la prise en charge du Bluetooth aptX et LDAC depuis Windows 10. Ces derniers permettent une diffusion avec une compression limitée, préservant ainsi les détails des enregistrements. Mais dans la pratique, cette évolution reste très dépendante du matériel. Tous les ordinateurs ne permettent pas encore d’exploiter pleinement ces codecs avancés, soit par manque de compatibilité logicielle, soit en raison de modules Bluetooth aux performances trop modestes.

Par conséquent, si votre ordinateur est incompatible avec les codecs Bluetooth HD, le recours à un transmetteur Bluetooth externe, connecté en USB ou en mini-jack s’avère souvent préférable. Ces émetteurs dédiés bénéficient généralement d’une électronique plus aboutie, d’une puissance d’émission accrue et d’une meilleure stabilité de la liaison, avec à la clé une portée étendue et un signal plus stable.

Émetteur Bluetooth pour ordinateur
Pratique et universelle, la diffusion Bluetooth gagne en qualité lorsqu’elle s’appuie sur un transmetteur externe dédié. Relié en USB ou en analogique à l’ordinateur, celui-ci permet de profiter de codecs plus performants, d’une liaison plus stable et d’une portée accrue aux modules Bluetooth intégrés souvent plus basiques.

La question de la latence mérite également une attention particulière. Le Bluetooth introduit par nature un délai entre la source et la restitution sonore, un phénomène peu perceptible à l’écoute musicale, mais problématique pour le visionnage de films, de séries ou de jeux vidéo. Pour pallier cette limite, certains codecs spécifiques, tels que l’aptX Low Latency, ont été conçus afin de réduire ce temps de latence à un niveau quasi imperceptible. Cette optimisation n’est toutefois effective que si l’ensemble de la chaîne est compatible, aussi bien côté émetteur que côté récepteur. Il peut donc s’avérer nécessaire d’ajouter un récepteur dédié à votre amplificateur hi-fi ou à vos enceintes actives afin de tirer pleinement parti des performances offertes par le Bluetooth et d’en limiter les compromis.

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Enfin, le Bluetooth connaît aujourd’hui une évolution majeure avec l’émergence d’Auracast. Cette nouvelle approche permet de diffuser un même flux audio vers plusieurs appareils simultanément, ouvrant la voie à des usages multiroom jusqu’ici réservés aux solutions Wi-Fi. 

La diffusion réseau en Wi-Fi ou Ethernet  

À la différence du Bluetooth, les solutions de diffusion audio par le réseau local s’appuient sur la connexion Wi-Fi ou Ethernet pour transmettre le signal sonore. Cette approche offre une bande passante bien plus élevée, ce qui permet de limiter, voire d’éliminer, la compression audio, tout en offrant une meilleure stabilité et une portée sans commune mesure. Dans ce domaine, trois technologies dominent aujourd’hui les usages : AirPlay 2, Google Cast et DLNA.

AirPlay 2 : le streaming selon Apple 

Développé par Apple, l’AirPlay 2 s’inscrit dans une logique d’intégration poussée au sein de l’écosystème de la marque. Depuis un Mac, la diffusion audio vers un amplificateur, une enceinte connectée ou un lecteur réseau compatible se fait de manière quasi instantanée, directement depuis le sélecteur de sortie audio de l’ordinateur ou depuis les applications de lecture. L’AirPlay 2 transmet alors un flux audio en qualité équivalente au CD, soit 16 bits 44 kHz. L’ensemble des formats audio de qualité supérieure, notamment les fichiers Hi-Res en 24 bits / 192 kHz, sera automatiquement converti en 16 bits / 44,1 kHz. 

Avec l’AirPlay, la priorité est clairement donnée à la stabilité et à la synchronisation parfaite entre plusieurs appareils. Le protocole permet également de diffuser simultanément la musique vers plusieurs zones, avec un alignement temporel très précis, ce qui en fait une solution multiroom particulièrement fiable. L’AirPlay 2 séduit avant tout par sa simplicité d’usage. Aucune configuration complexe, une gestion fluide du volume par zone et une compatibilité étendue avec de nombreux amplificateurs et lecteurs réseau récents. Sa principale limite reste son caractère fermé. Hors de l’environnement Apple, son exploitation t nécessite des applications ou solutions tierces.

Google Cast : souplesse et haute résolution 

Le Google Cast (Chromecast) adopte pour sa part une approche plus ouverte et plus universelle. Intégré nativement à de nombreux amplificateurs connectés, lecteurs réseau et enceintes sans fil, ce protocole permet de diffuser de la musique depuis un ordinateur via le navigateur Chrome, mais aussi directement depuis de nombreuses applications compatibles, sans dépendre du système d’exploitation utilisé. L’ordinateur ou le smartphone agit alors comme une simple télécommande, le flux audio étant directement transmis depuis le service vers l’appareil de lecture. 

Selon les équipements et les services employés, la diffusion peut atteindre une résolution allant jusqu’à 24 bits / 96 kHz. Le Google Cast propose également des fonctions multiroom qui autorisent le regroupement de plusieurs appareils compatibles au sein d’un même environnement de diffusion, pour une écoute synchronisée dans différentes pièces du logement.

DLNA : la diffusion réseau sans compression 

Le protocole DLNA repose sur une logique sensiblement différente des solutions de diffusion classiques. Il permet à un ordinateur d’endosser le rôle de serveur multimédia en mettant à disposition l’ensemble de sa bibliothèque audio sur le réseau local. Les fichiers peuvent alors être directement explorés et lus par un amplificateur connecté, un lecteur réseau ou tout autre appareil compatible, sans transiter par une liaison audio en temps réel. 

Dans ce schéma, la lecture ne s’effectue plus sur l’ordinateur lui-même, mais sur l’appareil de destination, qui accède directement aux fichiers partagés et en assure la conversion et la restitution. Ce fonctionnement présente un avantage majeur : il évite toute recompression du signal et permet l’exploitation de formats audio à très haute résolution, y compris des flux PCM en 32 bits / 768 kHz ou des fichiers DSD, dans la limite des capacités du lecteur utilisé. L’ordinateur se contente alors d’un rôle de serveur. 

Conclusion : faire de l’ordinateur un véritable maillon hi-fi

L’ordinateur dispose d’un avantage décisif face aux sources traditionnelles : sa polyvalence. Il offre un accès immédiat à des bibliothèques musicales potentiellement immenses, à des fichiers audio haute résolution, à des services de streaming toujours plus qualitatifs, tout en bénéficiant d’une ergonomie et d’une souplesse de pilotage difficilement égalables. Correctement intégré au sein d’une chaîne hi-fi, il est aujourd’hui capable de rivaliser sans complexe avec des lecteurs dédiés. Tout l’enjeu consiste donc à l’intégrer de la meilleure manière selon ses usages. Une liaison USB associée à un DAC soigneusement conçu, une diffusion réseau maîtrisée via AirPlay 2, Google Cast ou DLNA/UPnP, ou encore l’emploi d’un logiciel de lecture optimisé pour la haute fidélité permettent de hisser l’ordinateur au rang de source hi-fi à part entière.


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